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"La création comme acte essentiel..."


2020-05-09 - The new talent
L'équipe Club Activ Photo, Rédaction

Claudia Vialaret est photographe plasticienne. Depuis 2007, elle utilise la photographie numérique comme support de création avec une approche tactile du médium. La plupart de ses oeuvres  sont exposées en galeries ou dans des festivals en France et en Europe. Club Activ Photo a souhaité en savoir plus sur sa démarche à la fois artistique et photographique. Interview réalisée par l’équipe CAP

 

Club Activ Photo > Vous avez une formation en Arts Plastiques. Comment en êtes-vous arrivée à utiliser la photographie (numérique) comme médium de création ? 

Claudia Vialaret > J’ai une double formation en Arts plastiques : théorique (de la philosophie de l’art à l’histoire de l’art ) et pratique (j’ai abordé la plupart des techniques visuelles). J’ai passé un master en photographie argentique pour lequel j’ai eu comme professeur Willy Ronis qui enseignait à Aix en Provence. Puis j’ai obtenu l’agrégation d’Arts plastiques et j’ai enseigné dans des lycées en banlieue parisienne. En même temps que l’enseignement, la pratique artistique a toujours été une nécessité pour moi. 
J’ai hésité longtemps entre peinture et photographie, me demandant laquelle pourrait me donner le plus de liberté. J’ai choisi la photographie numérique car c’est une pratique adaptative, qui permet de faire rapidement des essais, de chercher facilement la composition d’une image et les nuances de couleurs. Cependant, j’utilise cette technique comme un peintre. J’appréhende la photographie de manière tactile, en plasticienne. Partant du réel et avec un grand besoin d’imaginaire, j’ai mis au point plusieurs processus pour transformer la représentation. Le support papier froissé de la photographie imprimée puis repris en photo m’a permis, à partir de ce geste simple, de mener une recherche personnelle en me détachant de la réalité. Tout en m’inspirant de la littérature, de la poésie et de l’histoire de l’art, j’ai construit peu à peu mon univers d’images personnelles. 

 

CAP > Quelles sont vos influences picturales, courants littéraires… ? Les artistes qui vous inspirent ? 

CV >  J’aime la peinture et le baroque. Je me plonge souvent avec ravissement dans l’œuvre de Rubens ou de Véronèse et je rêve en lisant « Les métamorphoses » d’Ovide. J’ai fait de nombreuses recherches sur Caravage précurseur du baroque, car il m’a beaucoup inspiré pour la série "Caravagesques" que j’ai exposée à plusieurs reprises en Europe. Ses contrastes saisissants, ses compositions puissantes, ses contrastes violents, et ce qu’on a appelé son réalisme m’ont marquée. 
Dans mes compositions photographiques j’ai travaillé avec des modèles en costume et j’ai repris souvent ses couleurs et ses effets de lumière. J’ai mêlé les drapés aux plis du papier, et je me suis appropriée directement certaines de ses œuvres en les froissant et en les transformant. 

 

CAP > La recherche des matières (papier, tissu…), le travail de froissement, de découpage et de fragmentation des images sont au cœur de votre création. En revanche pour la série des « Penseurs », vous avez privilégié le travail en studio avec un modèle. Pouvez-vous nous en dire plus sur la façon dont vous avez procédé pour cette série tridimensionnelle ? 

CV > En effet, en studio mon modèle a pris l’attitude de la sculpture de Rodin « Le Penseur » car j’avais une idée précise. Pendant la séance, j’ai multiplié les angles de vue en tournant autour de lui. J’ai ensuite choisi puis imprimé plusieurs photographies. J’ai créé par ordinateur, des images fragmentées à la manière cubiste en jouant avec les plis, les superpositions, les collages. Les trois "Penseurs" sont conçus en un triptyque, pour évoquer les différents points de vue que peut avoir un spectateur sur une sculpture.

© Claudia Vialaret - Extrait de la série Penseurs (Triptyque)

 

CAP > Vos trois dernières séries 2019/2020 « Souffles », « Origines » ainsi que « Paysages » font appel à la soie comme support créatif (à lire notre article) : pourquoi avoir choisi cette fibre naturelle ? 

CV > J’aime les tissus et les drapés. J’ai découvert il y a 2 ans qu’il était possible d’imprimer des images sur des tissus délicats comme la soie. Cette avancée technique m’a permis d’employer le satin de soie comme support. Alors que le papier froissé crée des ruptures dures et des contrastes assez violents, la soie, quand on la manipule et qu’on en prend une photo, permet de multiples effets. Des reflets se forment à la lumière, les plis sont doux, les volutes sensuelles. Ce nouveau support m’a donné de nouvelles idées, liées à la danse et au paysage. 

 

CAP > Vous collaborez depuis longtemps avec le même laboratoire photo PICTO qui réalise vos tirages avec la contrainte de formats et des différentes matières utilisées dans vos créations : de quelle manière travaillez-vous en amont pour l’impression comme par exemple pour la série « Caravagesques » ? 

CV > Je travaille avec Patrice Baron, tireur Fine art chez Picto depuis 7 ans. Pour chaque impression, nous faisons des tests surtout pour le rendu des couleurs et le choix du support papier (grammage, mat ou satiné …) ou toile récemment. Deux à trois rendez-vous sont souvent nécessaires pour tout mettre au point. 

© Claudia Vialaret - extrait de la série Caravagesques ("La mort de Marie")

 

CAP > Vos œuvres sont régulièrement exposées (galeries, festivals) en France mais également en Europe et en Chine. Or le contexte actuel rend difficile, voire impossible, les expositions dans les festivals et les galeries en raison du confinement (Covid -19). Où peut-on voir l’ensemble de vos séries, découvrir vos dernières réalisations ? 

CV > Les deux festivals auxquels je devais participer au printemps sont remis à 2021. Il s’agit de L’Émoi photographique d’Angoulême où je présenterai une série très particulière « Courbet et moi » et le festival Temps d’arrêt dans une ancienne prison à Grasse. Mes œuvres sont dans des collections : Le collectionneur moderne, Openeye, Saatchi et Singulart. On peut les voir sur mon site www.claudia-vialaret.com et sur les réseaux sociaux : 
Instagram: claudiavialaret.artiste 
Facebook: claudia.vialaret.3 et https://www.facebook.com/ClaudiaVialaretAtelier/ 
LinkedInhttps://www.linkedin.com/in/claudia-vialaret/

 

CAP > Quels sont vos prochains projets (création, exposition ou publication de livre…) ? 

CV > Le livre Photographie et histoire de l’art qui présente 5 de mes séries est en cours d’impression par les éditions LibriSphaera. On peut y retrouver les séries "Courbet et moi", "Caravagesques", "Les Penseurs", "Jean-Baptiste", "Doubles portraits" toutes ayant des liens forts avec l’histoire de l’art. J’ai de nouveaux projets précis avec l’utilisation du support de soie, et je continue les séries commencées. La création est un acte essentiel et nécessaire dans ma vie. 

© Claudia Vialaret - Extrait de la série Courbet et moi et du livre "Photographie et histoire de l'art"

 

CAP > Club Activ Photo a pour objectif de faciliter les rencontres professionnelles à travers les compétences des uns et des autres… Pouvez-vous nous dire en quoi notre plateforme peut vous aider ? 

CV > Club Activ Photo est une plateforme très intéressante car ouverte et propice aux rencontres. On peut montrer son travail, annoncer ses événements chercher des prestataires. Pour une artiste cette possibilité de contacts est capitale. CAP est une structure sur laquelle on peut s’appuyer, un vrai partenaire.

 

Retrouvez l'ensemble des créations artistiques et photographiques sur le site de Claudia Vialaret www.claudia-vialaret.com

 

Image en page d’ouverture du billet s'appelle "Ophélie" - extraite de la série Origines de Claudia Vialaret